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Cheptel bovin : le Maroc a perdu 30 % de ses têtes et multiplie par cinq ses achats au Brésil

Les importations marocaines de bovins vivants en provenance du Brésil sont passées de 41 à 213,5 millions de dollars entre 2024 et 2025, selon le ministère brésilien de l'Agriculture. Au Maroc, éleveurs et experts estiment que la crise du cheptel n'est pas terminée.

Des bovins dans un pâturage au Maroc.
austinevan · Flickr · CC BY 2.0

Le Maroc s'est imposé en un an comme un client majeur des éleveurs brésiliens. D'après un communiqué du ministère brésilien de l'Agriculture, repris par Bladi.net, la valeur des bovins vivants vendus au royaume a été multipliée par 5,2 entre 2024 et 2025, pour atteindre 213,5 millions de dollars contre 41 millions un an plus tôt. Cette progression, de l'ordre de 421 %, place le Brésil en tête des fournisseurs du Maroc : il a capté 46,7 % de la valeur des importations marocaines de bovins vivants l'an dernier.

La tendance se confirme en 2026. Sur les quatre premiers mois de l'année, le Maroc figurait au deuxième rang des destinations des bovins vivants exportés par le Brésil, toujours selon la même source.

Un cheptel réduit de près d'un tiers

Cette dépendance accrue aux achats extérieurs s'explique par l'état de l'élevage national. Le recensement réalisé en 2025 a fait apparaître un recul d'environ 30 % du cheptel bovin marocain, selon les données citées par le ministère brésilien. Deux facteurs sont mis en avant : la succession d'années de sécheresse et la hausse du prix de l'alimentation animale.

Pour maintenir l'approvisionnement en viande rouge, les autorités ont assoupli le cadre douanier. Depuis la fin de 2022, les bovins vivants destinés à l'abattage entrent au Maroc sans droits de douane, dans la limite d'un contingent annuel. Celui de 2026 est fixé à 300 000 têtes. Par ailleurs, les droits d'importation sur plusieurs catégories de viandes et sur les moutons vivants sont suspendus jusqu'au 31 décembre 2026. Cette suspension, en vigueur depuis le 27 juillet, s'applique aux fournisseurs de tous les pays.

Les éleveurs demandent la poursuite du soutien

Sur le terrain, les professionnels estiment que la crise n'est pas derrière eux. Interrogés par Hespress, des éleveurs et des experts agricoles appellent le nouveau gouvernement à prolonger les mesures engagées depuis octobre 2025 dans le cadre du programme de reconstitution du cheptel national.

Alaa Cherif El Asri, éleveur de moutons dans le bassin du Loukkos, plaide pour le maintien des aides directes aux agriculteurs et aux petits éleveurs. Il propose d'y ajouter des primes de rendement, calculées à partir du nombre d'agneaux sevrés rapporté au nombre de brebis recensées. Il demande aussi la suppression de la TVA sur les aliments pour bétail, en veillant à ce que l'exonération profite réellement aux éleveurs, ainsi qu'un appui renforcé aux associations professionnelles, dont l'Association nationale des éleveurs d'ovins et de caprins.

Le manque de femelles reproductrices, problème central

L'expert agricole Riyad Ouhtita identifie, lui, un obstacle de fond : la pénurie de femelles reproductrices. Selon lui, cette situation remonte à la période de la pandémie de Covid-19, marquée par une baisse des prix des brebis et des agnelles. Il évalue à trois ans la durée possible de la reconstitution du cheptel.

Pour cet expert, le soutien à l'importation doit servir à renforcer la production et non à alimenter la consommation. Il recommande d'importer des femelles de bonnes races, de soutenir l'insémination artificielle et de pratiquer des croisements avec des races à viande étrangères. Il insiste également sur l'application de l'interdiction d'abattre les femelles, mesure qu'il juge difficile mais réalisable si elle est accompagnée, notamment par l'importation. Les deux intervenants citent par ailleurs des cultures fourragères alternatives, comme l'orge germée et l'azolla, pour alléger la facture alimentaire des troupeaux.

Riyad Ouhtita appelle enfin le gouvernement conduit par Fatima Zahra Mansouri à réévaluer l'ensemble des stratégies agricoles antérieures, y compris le Plan Maroc Vert et Génération Green.

Questions fréquentes

Pourquoi le Maroc importe-t-il autant de bovins du Brésil ?
Le cheptel bovin national a reculé d'environ 30 % selon le recensement de 2025, sous l'effet des sécheresses et du coût de l'alimentation animale. Les importations servent à compenser ce déficit en viande rouge.
Les bovins importés paient-ils des droits de douane ?
Non. Depuis fin 2022, les bovins vivants destinés à l'abattage sont exonérés de droits de douane dans la limite d'un contingent annuel, fixé à 300 000 têtes pour 2026.

Sources : Bladi.net, Hespress FR.

Article rédigé par Media Maroc avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, à partir des sources citées.

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